Vatican vide ! Maxime Morand Le Matin. L’invité du jour.

Nous célébrons le 50 ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. En clinicien des jeux du pouvoir, comment disséquer un tel événement ? Il faut savoir, d’abord, que le Concile de Vatican I (1869-1870) a substitué la perte des états pontificaux par la promotion de l’infaillibilité du souverain pontife ! Comme les grandes nations brandissaient leurs étendards, la blancheur  de l’hostie, celle de la vierge et celle du pape ont instauré un pouvoir centralisé sévère. Le catholicisme au xx ème siècle a eu son apogée occidentale vers les années 50 : innombrables vocations, vigueur de l’Action Catholique chez les laïcs. Vraisemblablement, c’est la force de l’Action Catholique, fondée sur un esprit critique et solidaire : « voir, juger, agir », qui a été le déclencheur de la nécessaire « mise à jour » de l’Eglise au concile de Vatican II. « Lire les signes des temps » pour permettre à l’Eglise de devenir aussi « Le Peuple de Dieu » ! Un grand Souffle. Pourquoi est-il retombé ? On peut accuser la société séculariste et individualiste, certes. Il y a peut-être un autre diagnostique à poser. Dans « L’Espérance du Cardinal », Olivier Le Gendre fait dire, « grosso modo », par celui-ci, que la désaffection des églises provient de l’absence réelle de vie évangélique. Il met surtout l’accent sur le fait que la civilisation occidentale, a passé de la tradition (du savoir, des métiers) à l’innovation. Les Ratzinger et compagnie, gérontocrates de type soviétiques,  ont bloqué l’innovation de façon systématique. Les théologiens novateurs, les Küng et les Drewermann, et beaucoup d’autres, ont été mis au pilori. Le plus grand gâchis intellectuel de l’histoire de l’Eglise. Ce retour à la tradition sans innovation a vidé les églises. Il faut donc, au nom de celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », vider le Vatican.

 

Le Matin,  L’invité de la rédaction.

 

Maxime Morand, conseiller en leadership.

 

 

 

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