Maîtrisez votre leadership. Maxime Morand. Focus PME n. 4 Novembre 2014

Que vous soyez responsable administratif, chef de PME, père ou mère de famille, colonel à l’armée, à la tête d’une association, vous avez à prendre en compte 6 critères qui s’imbriquent les uns aux autres pour la construction de votre leadership.

1.- Clair dans la communication des attentes :

Dire à ses équipes, à chacune et à chacun, ce que nous attendons en terme de responsabilité, de management des risques et de la réputation, de résultats et de renforcement de leurs compétences.

A défaut, si vous n’êtes pas très doué dans la communication orale, n’hésitez pas à écrire. Décrivez le terrain de foot sur lequel les personnes doivent jouer. Dites le style de jeu, de comportements attendus. Affichez les buts à marquer. Préoccupez-vous du programme d’entraînement.

2.- Confronter sa responsabilité :

Oser assumer les conséquences du fait d’être leader. Si l’on veut être aimé à tous coups, le risque est grand que ce vouloir plaire coûte cher en promesses souvent non-tenues. Il faut accepter que sa propre direction engendre des conflits, des confrontations, des attentes déçues. Le conflit fait partie du job.

Décider, c’est couper, trancher. Donc cela va heurter aussi. La perception de qui vous êtes a toutes les chances de ne pas être en correspondance avec l’image aimable que vous avez de vous-même. Le pouvoir a un prix : une certaine solitude. Vivez-là en la confortant dans vos bases de sécurité.

3.- Courageux et passionné pour arriver au but :

Répéter et répéter encore l’horizon de la direction à atteindre. Focaliser les regards et les actions vers le but à atteindre. Sécréter une véritable passion pour le chemin qui y conduit. Posséder une merveilleuse motivation personnelle qui fertilise les comportements et nourrit les têtes et les cœurs.

Oser créer et donner à voir une focale. Un horizon précis, clair est décrit par vous-même pour susciter l’envie, la motivation de trouver les chemins pour y parvenir.
Vous êtes obsédés et obsédant sur le but à atteindre, vous en faites une histoire à réaliser. Vous savez la raconter.

4.- Cordial dans l’accompagnement des personnes :

Personne ne travaille pour vous et pour les objectifs d’une organisation sans qu’elle se sente reconnu comme un(e)« existant(e) », une personne que la vie traverse, et non pas seulement comme un(e) salarié(e), ou un(e) professionnel(le)ou un élément de l’effectif en production ! Donc, il faut faire des signaux – pas intrusifs – qui permettent de connecter à la vie d’autrui. Anniversaires, évènements familiaux, des
paroles échangées dans la gratuité et la grâce du moment. Tricoter les mailles des relations.

Reconnaître celles et ceux qui travaillent avec vous, pour vous. Ce sont des personnes avec leur épaisseur, leur densité de vie. N’y entrez pas mais faites des signes comme quoi vous savez qui elles sont, ce qu’elles vivent et ce qu’elles éprouvent.

5.- Co-pilote dans les étapes menant vers l’objectif :

Les adultes ont besoin de cartes de géographie, de GPS. Les balader sans partager les repères génère un stress inutile. Dire les bornes passées et à passer, les zones sans problèmes, les chemins ayant des risques potentiels. Savoir dresser un cockpit de chiffres et de mots-clés et l’afficher pour que les yeux illuminent le cerveau et le conforte dans ses projections vers l’à-venir.

Soyez visuels, montrez des dessins, des chiffres clés, pas trop nombreux ni trop compliqués. Combien de centimes dépensés pour gagner un franc ? Ayez des indicateurs qui suscitent l’enthousiasme ou la nécessité de changer et d’aller de l’avant.

6.- Correct dans le feed-back donné et reçu :

Toutes les enquêtes, dans les organisations en Occident, montrent que les différents responsables et les personnes de leurs équipes « crèvent » de manque de feed-back vrai. Dire sereinement, les faits, les émotions ressenties par soi-même et trouver des chemins qui créent du futur en commun, est vraisemblablement la clé des clés des connections réussies. Mon maître, Georges Kohlrieser, dans les Négociations Sensibles, dit qu’ « il faut mettre le poisson sur la table, sinon il pue ! ». Oser dire ce qui va et ce qui ne va pas, constitue un cadeau surtout si cela est fait avec justesse, justice devrions-nous écrire.

Osez dire aux personnes qui vous sont confiées ce que vous pensez vraiment de leur valeur ajoutée ou enlevée. Soyez clair et franc : les non-dits et l’excès de respect mettent de l’acide sur les relations.

Comme annoncé, ces critères centraux sont interdépendants : si je ne suis pas clair dans l’expression des attentes, comment donner du feed-back vrai ? Si je ne suis pas prêt à confronter mes responsabilités comment donner du courage pour atteindre vraiment les objectifs. Si je ne suis pas cordial dans mes relations avec les personnes comment leur donner un feed-back constructif ? Si je ne mets pas en co-pilotage avec mes équipes, comment savoir que nous allons parvenir, comme prévu, vers le but proposé ?

www.provoc-actions.com/medias.

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Une réponse à “Maîtrisez votre leadership. Maxime Morand. Focus PME n. 4 Novembre 2014”

  1. Patricia Perrenoud

    Bonjour Monsieur Morand,

    Votre discours à la radio (il y a quelques jours) sur l’évolution de l’organisation au travail, l’évolution vers les réseaux, les collaborations et une hiérarchie aplanie (si je vous ai bien compris) se sont télescopées avec les deux informations dispensées dans les média sur les conflits sévissant dans deux systèmes hospitaliers romands… Personnel dépité, population révoltée et quelques exemples de déni bien senti de la part des responsables… Riviera-Chablais ou Neuchâtel: circulez il n’y a rien à voir. Connaissant le milieu hospitalier depuis l’intérieur, ses hiérarchies souvent cassantes, qui n’empoignent pas toujours les problèmes quand ils se posent (au sujet de la sécurité des patients notamment), je me disais « ah… ces hiérarchies devraient un peu s’inspirer de Maxime Morand ou travailler avec lui ». D’où l’envie de lire quelques-uns de vos textes. Le monde hospitalier, ou beaucoup d’établissements en tous les cas, fonctionne avec une espèce de clivage entre le « haut et le bas », deux parties qui fonctionnent en s’ignorant mutuellement. Sauf que généralement la base, les soignants et les médecins-assistants notamment, subissent les restrictions budgétaires, l’absence de remplacement des longues absences ou des départs… En lisant ce poste qui met bien en avant les responsabilité et l’humanité nécessaires à la poursuite d’un leadership efficace et incarné, je me suis dit que cela manquait beaucoup dans plusieurs des services que je connais, que je vois tourner dans une logique de l’autocratie. Puis, je me suis étonnée de ne rien voir sur l’importance d’une adéquation entre objectifs et moyens dans votre descriptif, il me semble que cela est essentiel pour une bonne planification et gestion RH. Dans le milieu où je travaille, cette problématisation manque souvent et l’éventail des tâches à accomplir pour parvenir aux objectifs est assez souvent minimisé. Je me disais que cela faisait peut-être partie des éléments à rappeler aux RH, surtout lorsque leur travail a un impact potentiel sur des vies humaines. J’avais envie de partager cela avec vous.
    Après le monde de la banque, vous ne voudriez pas travailler un peu avec le milieu hospitalier ? Un grand chantier en perspective. Beaucoup de gens admirables (à tous les échelons), mais une hiérarchie qui me semble parfois fonctionner sur un mode archaïque… le charme des pyramides en moins
    Meilleurs messages Patricia Perrenoud

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